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Et si on parlait…Coup de Gueule ?!

By Vanden Abeele Jonathan - T.E.C Académie


Le lien en bas de page est un coup de gueule du monde scientifique face aux personnes interprétant mal les résultats d’une étude scientifique et qui, aveuglément, font confiance à cette doctrine du “scientifiquement prouvé”. Je me permets de le transposer au milieu du sport.

Au fur et à mesure que j’évolue dans le monde du sport et plus particulièrement celui de la performance de compétition, je me rends compte que tout est question de science. Et c’est compréhensible puisque, depuis le début de nos études, et donc celles d’autres professionnels du sport, on nous oblige, au travers de différents travaux et autres cours, à démontrer scientifiquement que les données que nous exploitons sont vérifiées et donc scientifiquement prouvées. Mais que signifie ce “scientifiquement prouvé” ?


Il existe une donnée que l’on appelle « p » (probabilité) et qui est une estimation statistique. Cette donnée doit être égale ou inférieure à 5% pour que la donnée soit significative. En d’autres termes, si p=0.05, alors cela signifie que le résultat obtenu a 5% de chance d’être dû au hasard. Mais peut-on faire confiance aveuglément à un résultat qui n’est pas 100% démontré ?


Il faut comprendre qu’une étude ne comprenant qu’un échantillon (nombre de personnes pris en compte dans l’étude) de 10 personnes n’est, pour moi, pas du tout scientifique. Que représentent 10 sportifs par rapport à la population sportive ? Rien du tout. De même qu’une étude n’ayant aucun groupe contrôle (groupe de personnes ne subissant aucun changement par rapport au groupe étudié) n’a aucun intérêt. Une étude se passant sur 4 semaines n’a, encore une fois, que très peu d’intérêt. Et pourtant, bien souvent, je peux lire des études terminant par la mention du genre « L’échantillon étant trop petit, cette étude demande à être reconduite avec un échantillon plus grand » ou encore « Par manque de temps, cette étude demande un approfondissent plus long que 4 semaines ». La question que je me pose est la suivante : quel est l’intérêt de fournir une étude qui n’est pas terminée ? Publier pour publier, je ne vois pas beaucoup l’intérêt. À part peut-être pour se rassurer et se prétendre scientifiquement intelligent ?



Mais le véritable problème ne se situe pas sur une publication mais plutôt sur ce que l’on en fait. En effet, la science nous dit aujourd’hui être fatigué des raccourcis que l’on peut faire entre un résultat d’une étude et une traduction destinée au terrain. Quel que soit le domaine de l’étude, il faut bien comprendre que tout n’est pas blanc ou noir, mais plutôt gris. En préparation physique, tout est gris. Si on ajoute, aux différences existantes déjà chez tous les êtres humains (anthropométrie, constitution hormonal, sexe, métabolisme, sensations des entrainements, gestion du repos, …) les multiples paramètres agissant sur une donnée, il est quasi impossible de tout prendre en compte dans une étude. Les chercheurs prendront un maximum de donnée afin d’établir une estimation sur ce qui se passe. A nous de prendre en compte cette estimation en la comparant avec ce qui se passe sur le terrain. Parce que rien ne vaudra une analyse et une observation de terrain. Je préfère nettement lire un article d’un coach présent H24 sur le terrain m’expliquant qu’avec telles personnes et dans telles situations, il observe systématiquement ou non telle chose que de déchiffrer un tas de données qui vient d’un labo.

Attention, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit. Je lis et utilise régulièrement des publications scientifiques car il faut une base scientifique sur laquelle se reposer. Les chercheurs investissent du temps et de l’argent à comprendre ce qui se passe dans des situations données et c’est obligatoire, sans ça le monde du sport n’aurait jamais évolué. Mais ce qu’ils disent aussi, et c’est ce que j’essaie de faire en ayant sûrement commis des erreurs en créant des raccourcis trop rapidement, c’est d’analyser l’étude et de la comprendre. De la comparer avec ce que j’observe sur le terrain et de tirer mes propres conclusions. Si cela fonctionne sur le terrain et que la science me dit le contraire, je peux vous assurer que la publication termine au placard. Mon rôle en tant que préparateur physique n’est pas dans un labo mais bien sur le terrain. Si la science peut m’aider à voir plus clair sur terrain, alors je la prends en compte volontiers. Mais je n’ai pas peur d’aller contre la science si je juge que sur le terrain cela fonctionne mieux avec mes observations qu’avec le « scientifiquement prouvé ».


En conclusion, la science est essentielle pour l’évolution du monde sportif. Mais les observations sur terrain le sont d’autant plus. À nous de créer un crossover entre ces 2 milieux afin d’en tirer le meilleur.

· Le coup de gueule du monde scientifique

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